[Test] GRIS

Première création du studio espagnol Nomada et édité par Devolver, GRIS a su attirer les regards grâce à une direction artistique sublime.
Je l’ai testé sur Switch et vous donne mon avis !

Après avoir été bien reçu des critiques lors de l’E3 2018, GRIS est sorti le 13 décembre 2018 sur PC, Switch et plateformes iOS, le jeu est arrivé bien après les mastodontes de Noël et sa disponibilité uniquement numérique n’a pas dû l’aider à être bien visible auprès du grand public, et c’est bien dommage…

Le déni

Comment parler de GRIS sans le qualifier de claque visuelle ?
C’est très certainement sa direction artistique qui attire bien avant de savoir de quel genre il appartient et c’est avec l’assistance d’une merveilleuse bande son composée par Berlinist (que je vous invite à écouter sur Deezer par ici) que le jeu s’impose. Le récit et le gameplay viennent s’y connecter ensuite. Un choix qui lui sied à merveille.

GRIS s’attache à faire de votre session de jeu une ballade sonore, visuelle, artistique. Simple mais percutante, poétique et émouvante. Les plus émotifs auront au moins la larme à l’oeil à la fin du jeu.

La colère

Gris, c’est aussi le nom de l’héroïne, une jolie jeune fille à la voix cristalline et habillée d’une robe magique couleur ébène. Cette dernière est dotée de différents pouvoirs qui vous aideront à avancer dans les différents mondes tous aussi colorés et détaillés à la recherche des couleurs de la vie.
De la vie, oui, car notre héroïne fait face à un grand malheur, ce qui lui fait perdre sa voix et combattra avec courage pour tenter de se reconstruire.

A partir du néant blanc, vous allez retrouver le rouge, avec son désert rocailleux et ses vents violents ; le vert, avec sa jungle luxuriante et vivante ; le bleu avec ses pluies et ses eaux profondes ; et enfin, le jaune qui réchauffe, illumine et amène la vie. Le tout en teintes d’aquarelles, délicatement peintes ou tombant par gouttes
Votre périple coloré et saisissant sera d’autant plus visible quand le jeu changera d’échelle, à coups de zooms avant et arrière doux, progressifs qui cassera que rarement l’immersion. Notre héroïne pourra en effet occuper tout votre écran ou être de la taille d’une mouche, cette technique permet au level design d’offrir toute sa richesse.

Le marchandage

Avec sa simplicité affichée de l’écran titre au gameplay, on pourrait regretter que le jeu manque de profondeur : pas de combat à proprement parler, pas de challenges relevés, … Pourtant, cela ne m’a pas manqué, bien au contraire, Gris a été une bulle d’oxygène entre 2 jeux à challenges et c’est surement pour cette qualité que je l’ai retenu dans mes favoris.

A un titre simple, gameplay simple : seulement 2 boutons d’action en plus du pad pour s’orienter, vous allez arpenter le jeu de plateforme en plateforme et d’énigmes en énigmes assez facilement, bien que quelques puzzles vous donneront de quoi réfléchir quelques minutes supplémentaires. Rien n’est bien compliqué, tout est question de logique ou de timing.

C’est finalement le seul défaut à mes yeux, une poignée d’heures suffiront aux joueurs peu enclins à s’émerveiller devant les différents tableaux ; un peu plus du double pour ceux qui recherchent les trophées et souhaitent finaliser le seul défi du jeu.
Mais finalement, c’est plus compliqué que cela, rajouter une autre poignée d’heures n’aurait sans doute pas été une meilleure idée : son message aurait forcément été dilué.

La tristesse

Simple encore, la progression s’ancre elle-aussi dans le level design, il vous faudra résoudre des énigmes tout en rassemblant des orbes lumineuses qui vous permettront soit d’ouvrir un chemin soit de reconstituer un chemin parmi les étoiles…
Côté univers du titre, le bestiaire est limité mais original, gros coup de coeur pour l’ennemi principal qui m’a saisie d’effroi tant sa justesse dans ses interprétations est parfaite.

Côté scénario, s’il est difficile de le comprendre et saisir son fil rouge au début, celui-ci se déroule tranquillement tout le long du jeu, disséminant des détails pour les plus attentifs. Aucun dialogue et très peu d’explications viendront casser votre plongée dans cette histoire courte mais prenante.

Je fais une parenthèse sur l’utilité pédagogique du jeu, plus particulièrement auprès des enfants confrontés au même drame que Gris.
Si l’idée de leur faire jouer ce jeu pour les aider est séduisante sur le papier, certains puzzles et timing peuvent parfois être compliqués pour de petites mains, l’utilisation aux côtés d’un adulte est recommandée. D’autant plus que l’adulte sera présent pour expliquer à l’enfant les différentes phases et répondre aux questions de l’enfant.

L’acceptation

Sans offrir de nouveauté ou d’originalité, Gris est pour moi un jeu vidéo qui s’apparente plus à de l’art à déguster tranquillement, lentement.
Une œuvre qui donne une bouffée d’air frais que seuls les studios indépendants savent produire aujourd’hui et qui permette de souffler entre deux jeux.

Si vous recherchez une expérience enivrante, des énigmes difficiles ou du fun à chaque minute de jeu, ce n’est surement pas GRIS qui vous les donnera.
Il faut plutôt être réceptif à la mélancolie et sans doute un peu à l’art pour l’apprécier et pouvoir voir son vrai message.

Pour seulement 17 euros, je ne saurais que trop vous le conseiller.

GRIS

Sorti le 13 décembre 2018
Développeur : Nomada Studio
Editeur : Devolver Digital
Plateformes : Nintendo Switch, Steam, iOS

Reylia

Reylia c'est une fille qui mène une double vie. On la croise dans la rue, on dirait pas qu'elle a une pièce des plaisirs virtuels chez elle. On dirait pas non plus qu'elle joue aux jeux vidéo, qu'elle admire des cosplayers ou qu'elle lit des comics... Le week-end, il parait qu'elle met des t-shirts geek et se prend pour Lara Croft. Mais chut, j'vous ai rien dit !